Famille : Ulmacées
Genre : Ulmus
Aussi appelé communément ormeau.
Son nom japonais est :
NIRE KEYAKI (prononcez nilé guéyaqui).
CARACTERISTIQUE
Le genre Ulmus comporte environ 30 espèces vivant habituellement dans les zones tempérées boréales.
Rustiques, les ormes demandent cependant une bonne humidité ambiante, à l’exception des espèces asiatiques (pumila et parvifolia) qui s’accommodent assez bien de la sécheresse. Ces deux espèces, de croissance rapide, peuvent être utilisées pour des plantations urbaines où elles résistent bien à la pollution.
Le bois de l’orme était très utilisé en charronnage du fait de sa dureté.
Ulmus americana est un arbre élancé aux rameaux pendants, à grandes feuilles rugueuses, pointues et dentées. Il est sans intérêt pour sa culture en bonsaï.
Ulmus carpinifolia ou campestris pouvant atteindre facilement une trentaine de mètres de hauteur. Ses feuilles, semblables à celles du charme, sont foncées et brillantes, rudes au toucher.
Ulmus glabra ou montana, communément appelé orme des montagnes, originaire de l’Europe centrale peut lui atteindre 40 m de haut. Il vit surtout dans des forêts d’altitude.
Ulmus parvifolia ou chinensis est appelé communément orme de Chine est de taille plus réduite de 4 à 6 m. Il est très utilisé en bonsaï. Ses feuilles coriaces, dentées, vert foncé, prennent une belle teinte jaune à l’automne. Elles sont naturellement très petites, allant de 1 à 3 cm de longueur seulement. Elles tiennent sur l’arbre sans problème jusqu’à l’entrée de l’hiver. Il est souvent commercialisé, à tort, comme bonsaï d'intérieur.
Ulmus procera. C’est l’ormeau dont les branches peu nombreuses mais fortes forment une couronne irrégulière et compacte. Son tronc se crevasse, laissant apparaître une écorce superbe ; ses feuilles vont de 5 à 9 cm de longueur.
Ulmus pumila est originaire de l’Asie nord-orientale. A port arrondi, il n’atteint que 9 à 10 m de hauteur et peut même souvent être buissonnant. Son écorce est rugueuse, ses branches cassantes, ses feuilles sont petites allant de 2 à 5 cm de longueur.
Il existe de nombreuses variétés d’ormes, largement cultivées.
On peut notamment citer :
- Issues du carpinifolia :
"cornubiensis" couronne conique étroite.
"Dampieri" couronne très étroite, et feuilles plus petites d’un vert particulièrement sombre.
"variegata" au feuillage finement panaché de blanc.
"Wredei" ou "Dampeeri aurea" dont les feuilles sont jaune d’or(craint le plein soleil).
- Issues du glabra :
"Exoniensis" à la couronne conique et étroite, dont les feuilles sont très irrégulièrement dentées.
"pendula" ou "horizontalis" dont la couronne très plate s’étend à l’horizontale.
- Hybride obtenu à partir de U.carpinifolia et U.montana. Il convient de ne pas oublier Ulmus hollandica.
- Issus de l’Ulmus procera :
"bea Schwarz" dont la couronne est large et les rameaux retombants.
"Christine Buisman" aux rameaux encore plus retombants.
"Louis Van houtte" a des feuilles teintées de jaune.
Une part toute spéciale doit être réservée à l’Ulmus Yatsubusa dont les feuilles sont très petites, approximativement de la taille d’un grain de riz. Originaire du Japon, cette variété méconnue à port buissonnant et compact, n’atteint adulte qu’une hauteur de 80 cm à 1 m 20.
MULTIPLICATION DES ULMUS
La multiplication se fait par semis pour les espèces type, par bouturage, greffage ou marcottage pour les variétés.
SEMIS
Utilisé par quelques pépiniéristes, il s’effectue au début du printemps en terrine, avec des graines stratifiées récoltées l’automne précédent.
La levée a lieu au bout de vingt jours environ.
L’arrosage doit être copieux et régulier.
Fertiliser chaque mois à partir du deuxième mois de végétation.
La taille commencera dès le premier été pour équilibrer la vigueur excessive de ce végétal.
BOUTURAGE
BOUTURAGE DE RAMEAUX
La période la plus favorable est la fin du printemps ou le début de l’été.
Facile, les boutures sont confectionnées avec des rameaux de 10 cm de longueur environ et de quelques millimètres de diamètre. Il est aussi possible de bouturer des rameaux de 4 à 5 cm de diamètre, voire plus.
Le bouturage s’effectue en atmosphère confinée, en terrine ou en pot, à partir de tige comportant du bois de un à deux ans en pratiquant une double entaille à la base. Il est inutile de préciser que la bouture doit être parfaitement saine et comporter suffisamment de réserves pour que la pousse des racines puisse se faire. Pour éviter la transpiration excessive réduire la surface foliaire de moitié .
Il est important de protéger du froid le jeune plant le premier hiver.
L’apport d’engrais ne devra se faire qu’après reprise constatée du végétal (deux à trois semaines).
Le substrat sera composé de 50% de sable grossier
50 % de tourbe blonde.
Ou, mieux encore, d’akadama pur.
BOUTURAGE DE RACINES
Il suffit de prélever sur un sujet adulte lors du rempotage courant février, des tronçons de racines (sans chevelu) d’un diamètre de 5 à 15 mm. et de 10 cm de longueur
Plantées en terrine ou en pot avec une couche drainante dans le bas, en laissant dépasser la tête de la bouture d’un demi à un cm et demi. ATTENTION au sens de la bouture
L’enracinement se produira rapidement en trois semaines environ.
Le bourgeonnement, le plus souvent en couronne, sur la partie aérienne, intervient courant avril peut être intéressant pour la production de sujets multi-troncs. Ou d’un seul pied en ne conservant qu’un seul bourgeon.
C’est le moment de ligaturer lorsque les tiges se développent, pour obtenir la sinuosité du tronc en ne laissant le fil que trois semaines.
Le rempotage des boutures se fera la deuxième année en rabattant le système racinaire de moitié.
GREFFE
Le greffage est surtout utilisé en greffe par approche ou perçage pour des branches ou des racines (cf : Fiche n°1 –décembre 98).
Il est également possible de greffer des variétés sur l’espèce type.
MARCOTTAGE
Le marcottage aérien est une technique couramment utilisée au Japon pour créer un nébari régulier et puissant, pour réduire la hauteur de tronc et pour la création de miniatures bonsaï.
On choisira une portion de tronc comportant des ramifications régulières, démarrant au même niveau, car la forme la plus employée est la forme en balai (Hokidachi).
La période se situe dans le début du printemps avec décortication annulaire. L’enracinement est rapide, le sevrage aura lieu après hivernage à l’abri des gelées au printemps suivant.
STYLES ADAPTÉS AUX ULMUS
L’ Ulmus est surtout destiné au style Hokidachi (balai), kabudachi (multi troncs) moyogi ou yose ue (forêt).
L’ Ulmus présente en effet, tout au long de l’année un spectacle des plus attrayant :
Au printemps, le vert tendre ou rosé des pousses contraste avec le gris clair de l’écorce.
En été, la masse du feuillage sensible au moindre souffle de vent qui lui donne vie, permet de contempler un arbre vivant.
L’hiver, pour l’aspect liégeux de l’écorce.
Les styles shakkan, shokkan sont aussi largement répandus.
ENTRETIEN DES ULMUS
ARROSAGE
Vital, car l’Ulmus craint la sécheresse. Il sera quotidien et abondant pendant toute la période de végétation. L’eau utilisée devrait être non calcaire et tempérée. Le bassinage du feuillage est conseillé pour entretenir une hygrométrie importante autour de l’arbre.
Il faut savoir que les feuilles ont tendance à se dessécher au soleil d’été, lors de vents particulièrement chauds. L’utilisation de filets brise-vent est conseillée. A l’automne les coloris de votre bonsaï iront du jaune au brun.
FERTILISATION
Régulière et copieuse, compte tenu de la croissance extrêmement rapide de l'Ulmus.
L'Ulmus sera parfaitement alimenté par les engrais « BONMAI » étudiés spécialement pour eux.
Printemps été NPK 6-12-18
Automne 8-22-32
Une fumure organique complémentaire constituée de boulettes est préconisée pour contribuer à l’alimentation constante de la plante.
L’utilisation des engrais BIO-GOLD et BIO-GOLD ORIGINAL vous apporteront des résultats supérieurs.
REMPOTAGE
Le rempotage des Ulmus s’effectue tous les deux à trois ans très tôt, au printemps, avant le débourrement dans une terre dont le Ph est neutre, ou légèrement acide. Nous conseillons l’akadama.
Il est possible de composer soi-même son mélange terreux, mais les japonais utilisent depuis toujours un mélange composé de :
1/4 d’akadama grossier ou de Kiriyu zuna, complété par de l’akadama de granulométrie moyenne.
Un démêlage complet et méticuleux du système racinaire est vivement conseillé pour cette espèce afin de dégager les plus belles racines qui seront étalées en étoile au collet. Les racines croisées descendantes, en griffe ou en patte d’araignée seront supprimées. Ce sera aussi l’occasion de faire de la greffe de racines si nécessaire (greffe en perçage).
CHOIX DES POTERIES
On utilisera des poteries rectangulaires, ovales ou circulaires, émaillées ou non, en fonction du style choisi. L’arbre sera solidement fixé dans le pot et les racines repositionnées en étoile, agrafées par des cavaliers en fil de ligature.
TAILLE
TAILLE DE STRUCTURE
La taille de structure, très importante pour le développement et la ramification du bonsaï s’effectue à la fin de l’hiver (février).
Lors de la formation initiale de l’arbre, on effectue chaque année un rabattage au deux-tiers des branches poussées l'année précédente, pour le former en balai en ne perdant pas de vue la nécessité de conserver à l’arbre une structure ascendante de façon à ne pas casser la forme du tronc qui doit rester conique.
Sur un arbre adulte, il faut éviter une taille drastique qui permettrait un développement exagéré des bourgeons les plus vigoureux, déstructurant l’arbre.
C’est aussi l’occasion de couper les quelques rameaux qui sont morts au cours de l’hiver.
TAILLE DE PRINTEMPS
Lors de la formation des premières feuilles on effectuera la taille de printemps. Courant avril, chaque bourgeon donnera naissance à une tige dont on coupera l’extrémité après qu’elle aura produit deux ou trois feuilles. Suite à cette taille, à la base de chacune des feuilles restantes vont naître des bourgeons qui donneront de futures branches.
TAILLE DE DÉBUT D’ÉTÉ
Cette taille aura lieu courant juin, les tiges qui se sont développées depuis le printemps seront à retailler selon le principe de la taille de printemps, mais en conservant trois à cinq feuilles supplémentaires, tout en tenant compte de l’esthétique désirée pour votre bonsaï.
TAILLE D’ÉTÉ
Cette taille aura lieu au mois d’août. Procéder comme pour la taille de début d’été.
Le but de toutes ces tailles est de favoriser la ramification de votre bonsaï en balai ou en plateaux pour le structurer en favorisant un port naturel.
MISE EN FORME
LIGATURAGE
Cette opération n’est pas indispensable à la formation d’un ulmus en bonsaï, car une taille régulière permet de structurer correctement le végétal, cette espèce réagissant très bien à la taille.
Seules les branches de faible diamètre peuvent êtres dirigées et formées sans risque de cassure.
Lorsque l’arbre est très jeune, il est possible de ligaturer le tronc pour lui donner de la sinuosité (moyogi par exemple).
Nous conseillons vivement le ligaturage (en utilisant les techniques appropriées) courant octobre, en laissant le fil jusqu’à mars. Il sera proscrit pendant les mois d’avril et mai car le ligaturage durant la croissance vigoureuse de ce végétal entraîne des blessures qui, sur les espèces à écorce liégeuse cicatrisent .
DÉFOLIATION
Rare, pour l’espèce, cette opération a pour but de favoriser le démarrage de bourgeons dormants et obtenir des feuilles plus petites.
Elle s’effectue en général courant juin jusqu’à début juillet sur un arbre sain, correctement arrosé, fertilisé, et placé en pleine lumière.
Si l’Ulmus, porte des feuilles légèrement grandes, on peut tout simplement supprimer ces quelques grosses feuilles indésirables.
On ne conserve pas le pétiole intact, on arrache la feuille et son pétiole.
La défoliation ne doit surtout pas être effectuée l'année du rempotage ou sur un arbre chétif ou malade, car cette technique l’affaiblit.
PARASITES ET MALADIES
N’oubliez jamais que des arbres correctement entretenus par des arrosages réguliers, des fertilisations adaptées, des rempotages fréquents, ainsi qu’une exposition favorable seront moins sensibles aux parasites et maladies.
Beaucoup de maladies sont consécutives à d’anciennes plaies de taille mal protégées, à la cicatrisation imparfaite.
ATTENTION : le bois se nécrose et pourrit facilement. Aussi, l’utilisation d’un mastic à cicatriser de bonne qualité est recommandée. (mastic en pâte, à base d’hormones).
Les principaux ennemis des bonsaï sont les pucerons (pucerons verts, pucerons noirs) les cochenilles surtout sur les feuillages printaniers et les araignées rouges.
L’utilisation d’insecticides du commerce est recommandée à condition de respecter scrupuleusement les dosages sans excès, et de traiter deux fois à quinze jours d'intervalle
Il est préférable de faire des essais au préalable, car certains insecticides ont tendance à occasionner des brûlures du feuillage qui resteront visibles toute la saison.
MALADIES:
Particulièrement sensibles à la graphiose, la population d’ormes a souffert dans de nombreux pays, allant jusqu’à une quasi disparition dans certains cas.
Aujourd’hui, les recherches ont permis d’obtenir de bons résultats dans l’obtention de nouveaux cultivars. En particulier:
"Lutèce" et "Nanguen édition sapho altera ", variétés protégées, ne sont plus sensibles à cette maladie.
Les espèces chinensis et pumila sont toutefois naturellement moins touchées que toutes les autres.
Cultivées en pot depuis longtemps, les arbres en bonsaï sont moins atteints
GEL:
Dès -3° Celsius, abriter le bonsaï, attention au gel des racines.
Les gelées tardives sont également très néfastes et peuvent endommager irrémédiablement vos arbres.
Les Ulmus cultivés en pot ont besoin d’une protection racinaire alors que les Ulmus cultivés en pleine terre supporteront des températures minimales de l’ordre de moins 10 à moins 20 degrés selon les variétés, sans en subir les conséquences.





