Famille : AQUIFOLIACEES
Genre : Ilex
Nom vernaculaire : houx
Le genre Ilex comporte environ 400 espèces, à feuillage persistant ou caduc, réparties dans les zones tempérées et tropicales des deux hémisphères. On ne cultive pratiquement que les espèces aquifolium et surtout serrata en bonsaï.
Le « maté » des brésiliens est fait avec des feuilles d’Ilex paraguanensis (houx du paraguay).
CARACTÉRISTIQUES
L’ilex est dioïque, caractérisé par des arbres à fleurs mâles et des arbres à fleurs femelles. Un pied mâle peut polleniser de sept à dix pieds femelles.
Le houx produit naturellement à sa base, de nombreux rejets qu’il faudra soigneusement éliminer lors de sa culture en bonsaï pour les styles à tronc unique.
Parmi les nombreuses variétés, nous pouvons citer :
L’Ilex aquifolium, croissant naturellement en Europe occidentale et méridionale, en Afrique du Nord, en Asie Mineure et en Perse.
Ilex aquifolium ‘alaska’ de forme compacte très fructifère.
Ilex aquifolium ‘aurea pendula’ haut de 2 m à 2 m 50, au feuillage marginé de jaune.
Ilex aquifolium ‘crispa’ aux feuilles crispées assez curieux.
Ilex aquifolium ‘ferox’ Houx hérisson à feuilles vertes.
Ilex Aquifolium ‘ferox argentea’ houx hérisson aux feuilles crispées panachées de blanc.
Ilex Aquifolium ‘gold’ aux feuilles largement marginées de jaune.
Ilex aquifolium ‘green pillar’ variété femelle très florifère.
Ilex aquifolium ‘myrtifolia’ aux petites feuilles étroites très découpées.
Ilex aquifolium ‘silver milk boy’ aux feuilles vert moyen, elliptiques, épineuses, irrégulièrement marquées de blanc argenté au centre.
D’autres cultivars existent mais il nous paraît inopportun de les mentionner, notre objectif principal étant la culture en bonsaï.
Ilex chinensis ou Ilex purpurea arbre persistant feuilles vert foncé, jeune: vert pourpré, baies rouge vif, hauteur 3 m.
Ilex ciliospinosa, originaire de la Chine, persistant, hauteur 6 m, feuilles de 4 à 6 cm de long, elliptiques, ovales, vert foncé terne, fruits rouge de 2 à 6 mm de diamètre.
Ilex clarensis, on groupe sous ce nom des hybrides issus de croisement entre Ilex aquifolium et Ilex perado, espèce originaire des Canaries et des Açores.
Ilex altaclarensis belgica aurea haut de 3 à 4 m aux grandes feuilles peu épineuses, marginées de jaune.
Ilex altaclarensis ‘camellifolia’ aux feuilles vertes lustrées devenant rouges en hiver.
Ilex altaclarensis ‘golden king’ feuilles panachées de blanc crème.
Ilex altaclarensis ‘hawich’ feuilles vertes à contour lisse bordées de jaune.
Ilex altaclarensis ‘hodginssi’ haut de 4 à 6 m, aux grosses feuilles arrondies finement dentelées et aux gros fruits rouges.
Ilex cornuta, originaire de Chine ou de Corée, persistant, feuilles rectangulaires de 5 à 8 cm de long, vert foncé lustrées, épineuses proéminentes, baies de 3 à 10 mm de diamètre, rouges, ‘dwarf Burford’ baies persistant tout l’hiver ; ‘dalzer’ feuilles crispées dans les angles.
Ilex crenata, persistant, est originaire du Japon. Il constitue la base des arbres de jardins japonais.
Ilex crenata ’fastigata’ petites feuilles arrondies comme un buxus, à port dressé vigoureux.
Ilex crenata ‘stockes’ au port compact, aux feuilles arrondies comme un buxus.
Ilex koehneana castaneifolia aux feuilles coriaces semblables à celles d’un châtaignier ,port élancé.
Ilex meservae croisement entre Ilex aquifolium et Ilex rugosa ‘blue maid’ à port érigé et fructification rouge brillant qui dure tard en saison. ‘blue prince’ à port érigé compact. ‘blue stallon’ de couleur rouge vineux en hiver, ‘blue girls’ aux fleurs femelles, de bonne fructification couleur rouge/orangé. ‘dragon lady’ au port érigé, feuilles vert foncé, fruits rouge écarlate.
Ilex perado (houx des Açores) feuilles épineuses vert foncé lustrées, fruits rouges de 3 à 8 mm de diamètre, hauteur 6 à 10 m.
Ilex serrata caduc, haut de 5 m, feuilles finement dentelées, fleurs rosées, fruits de 4 à 5 mm, rouge vif, parfois jaune ou blanc souvent utilisé en bonsaï.
Le nom japonais de l’ilex est :
Kuro Ume modoki Ilex Sieboldiana
Shiro ume modoki Ilex serrata à petites fleurs blanc rosé et fruits blancs de 3 mm de diamètre.
Un cultivar nain splendide Ilex serrata subtalis nommé en japonais koshobai aux feuilles plus allongées et aux fruits rouges de la grosseur d’une tête d’épingle.
Un autre cultivar nommé ‘Kimi’ a des fruits jaunes.
Ilex verticillata, caduc, feuilles oblongues ou lancéolées, vert vif, revers pubescent, doux, fruits rouge foncé à écarlate, parfois orangé ou jaune. Hauteur 5 m.
Ilex Yunnanensis, originaire de Chine et du nord de la Birmanie, persistant, feuilles dentelées, ovales ou lancéolées vert foncé, lisses, fruits rouge persistant tout l’hiver. Hauteur 4 m.
FRUCTIFICATION
Les plantes mâles, ne produisant pas de baies, ne sont que très rarement commercialisées. La pollinisation doit de préférence être effectuée manuellement car, élevés en bonsaï, la transmission par insectes est moins évidente.
Les tailles sévères permettent la plupart du temps une fructification plus abondante.
Une fertilisation correcte à l’automne précédent augmentera la floraison donc, la fructification.
MULTIPLICATION DES ILEX
SEMIS
Les graines d’ilex peuvent se trouver chez VERSEPUY, au Puy en Velay (43). La germination est lente et peut mettre jusqu’à deux ans, voire trois.
Il s’effectue sous châssis froid au printemps (I. serrata) en le protégeant des gelées pendant la période hivernale.
Le repiquage se fera en pot individuel, à partir de la deuxième année, courant mars.
Dès le départ de la végétation, tailler l’extrémité de la tige pour favoriser le démarrage des bourgeons latents et permettre la création des branches basses.
Une seconde taille de structure aura lieu pendant l’été en fonction de la vigueur des plants.
La troisième année, la plante peut être placée dans un pot à bonsaï. La taille de structure se fera tout au long de ces processus : suppression des branches en trop, coupes favorisant le positionnement des branches pour donner une silhouette triangulaire.
Le ligaturage s’effectue en juin ou en novembre, le fil ne devra rester en place qu’un mois seulement pour ne pas marquer l’écorce.
La variété koshobai (I. subtalis) n’est reproduite que par greffage.
BOUTURAGE
La période la plus favorable se situe en mai juin.
Cueillir des boutures sur bois de un à deux ans en partant de plantes très fructifères. Sectionner la base en diagonale sur 1/2 cm avec une petite coupe biseautée de l’autre coté.
Planter à l’oblique en terrine, après les avoir enduites d’hormones de bouturage ( tremper la bouture préalablement pendant au moins une heure dans de l’eau pure ) ; elles seront placées à l’étouffée, pendant 10 à 15 jours, à mi-ombre, durée nécessaire à l’enracinement. Le substrat sera composé de 50% de sable grossier ;
50 % de tourbe blonde.
Il est bon d’utiliser aussi un fongicide du commerce.
Ne pas oublier une couche de drainage au fond de la terrine(pouzzolane ou approchant).Peu à peu, les placer au soleil. En effet, le houx demande à être placé à mi-ombre. Un bon mois après le bouturage, les racines se sont développées. Commencer alors la fertilisation soit avec un engrais organique soit avec un engrais chimique liquide, chaque mois.
Une protection hivernale est indispensable la première année La deuxième année, transplanter ces boutures en pot individuel. Les garder à l’ombre une dizaine de jours, puis les placer petit à petit au soleil. Fertiliser une fois par mois, et commencer à faire les premiers pincements pour la formation du futur bonsaï. Protéger l’hiver suivant puis, début mars; au redémarrage, les transplanter en pots de culture en utilisant de la terre akadama. ou en les plantant en pleine terre. Les structurer, par un bref ligaturage et une taille des branches trop vigoureuses.
Par la suite, lorsque les plantes seront endurcies, la seconde année, placer les houx dans une situation ensoleillée, ou à mi-ombre. Les variétés panachées, afin de leur conserver ce caractère seront elles, placées en plein soleil.
GREFFE
Surtout utilisées pour I. subtalis. Les greffons sont cueillis sur des plantes matures et fructifères au mois de mars avant l’éclosion des bourgeons, greffés sur des porte-greffes issus de semis de deux ans. La greffe en fente terminale est surtout utilisée. Son emploi est délicat pour un amateur car il réclame une technique parfaite.
MARCOTTAGE
Le marcottage aérien est une technique couramment utilisée au Japon. Pour créer un nébari régulier et puissant, afin de réduire la hauteur de tronc et permettre la création de miniatures bonsaï. L’ilex est particulièrement bien adapté étant donné la petite dimension de ses baies.
La période se situe dans le début du printemps (mars-avril)avec décortication annulaire. L’enracinement est rapide. Le sevrage aura lieu après hivernage à l’abri des gelées, au printemps suivant.
STYLES ADAPTÉS AUX ILEX
En arbre isolé de style shokan shakan ou moyogi, le houx est particulièrement attractif en plantation de groupe. Le netsuranari est très pratiqué et d’une manière moindre le style ikadabuki, bien que ce soit une manière habile de faire ressortir l’aptitude qu’à cette espèce d’être travaillée de cette façon.
Proscrire cascade et semi-cascade.
ENTRETIEN DES ILEX
ARROSAGE
Vital, car l’Ilex craint la sécheresse du fait de la finesse de ses racines. Il sera quotidien et abondant pendant toute la période de végétation. L’eau utilisée devra être non calcaire et tempérée. Bien qu’elles soient coriaces, le bassinage des feuilles est conseillé pour entretenir une hygrométrie importante autour de l’arbre et éviter à la poussière de s’y fixer.
L’utilisation de filets brise-vent, toiles à ombrer, est recommandée. A l’automne vous serez récompensés par les coloris vifs et brillants des baies.
FERTILISATION
Régulièrement effectuée, la fertilisation vous permettra d’obtenir un arbre de qualité, bien portant, résistant aux maladies.
Le houx sera parfaitement alimenté par les engrais « BONMAI » étudiés spécialement.
Printemps été NPK 6-12-18
Automne NPK 8-22-32
Une fumure organique complémentaire constituée de boulettes est utile pour contribuer à une alimentation rationnelle et constante de la plante.
L’utilisation des engrais BIO-GOLD vous apportera des résultats satisfaisants.
Ne pas fertiliser pendant la floraison tant que le fruit n’est pas formé.
REMPOTAGE
Le rempotage des Ilex s’effectue au printemps, chaque année, avant le débourrement, dans une terre dont le pH est neutre, ou légèrement acide, mais de préférence utilisez de la terre akadama parfaitement adaptée à la culture du genre Ilex serrata.
Le pain racinaire devra être diminué d’un bon tiers. La terre sera enlevée délicatement du fait de la fragilité des racines.
CHOIX DES POTERIES
On utilisera des poteries de faible profondeur, ovales, circulaires ou rectangulaires, émaillées, en fonction du style choisi. L’arbre sera solidement fixé dans le pot et les racines repositionnées en étoile, agrafées par des cavaliers en fil de ligature.
TAILLE
TAILLE DE STRUCTURE
La taille de structure, très importante pour le développement et la ramification du bonsaï, s’effectue à la fin de l’hiver.
TAILLE DE PRINTEMPS
Lors de la formation des premières feuilles on effectuera la taille de printemps. Courant avril, chaque bourgeon donnera naissance à une tige dont on coupera l’extrémité dès qu’elle aura produit deux ou trois feuilles. Après la nouaison (transformation de la fleur en fruit), tailler régulièrement, jusqu’à l’automne, l’extrémité des pousses pour favoriser le développement des fruits.
MISE EN FORME
LIGATURAGE
Le ligaturage n’est pas indispensable à la formation d’un Ilex en bonsaï, car une taille régulière permet de structurer correctement le végétal, cette espèce réagissant très bien à la taille.
Seules les branches de faible diamètre peuvent êtres dirigées et formées sans risque de cassure.
Le ligaturage (en utilisant les techniques appropriées) aura lieu courant novembre, en laissant le fil jusqu’à mars, ou en juin en ne laissant le fil qu’un mois.
MULTITRONCS.
Il est possible de former en quelques années des sujets à troncs multiples à partir de jeunes plants, dont les racines ont été nettoyées, en assemblant le nombre de troncs nécessaires (2,3,5 etc.). Les troncs sont très fermement unis au niveau du collet par une attache solide et durable. Il est important de décortiquer les parties mises en contact pour en assurer la bonne soudure.
Ces végétaux seront ensuite mis de préférence en pleine terre pendant un à deux ans, ou à défaut en pots de culture, suffisamment volumineux.
Un cal cicatriciel se développe au niveau du collet. L’attache reste définitivement en place. Le nébari sera, au cours des rempotages successifs, mis en valeur et amélioré au fil du temps.
DÉFOLIATION
La défoliation n’est pas conseillée.
PARASITES ET MALADIES
N’oubliez jamais que des arbres correctement entretenus par des arrosages réguliers, des fertilisations adaptées, des rempotages fréquents, ainsi qu’une exposition favorable seront moins sensibles aux parasites et maladies.
Beaucoup de maladies sont consécutives à d’anciennes plaies de taille mal protégées à la cicatrisation imparfaite.
L’utilisation d’un mastic à cicatriser de bonne qualité est recommandée. (mastic en pâte, à base d’hormones).
Les principaux ennemis des bonsaï sont les pucerons (pucerons verts, pucerons noirs) les cochenilles surtout sur les feuillages printaniers ; parfois les araignées rouges.
L’utilisation d’insecticides du commerce est recommandée à condition de respecter scrupuleusement les dosages sans excès .
Il est préférable de faire des essais au préalable, car certains insecticides ont tendance à occasionner des brûlures qui resteront visibles toute la saison.
Dès 0° Celsius abriter le bonsaï, attention au gel des racines.
Les gelées printanières sont également très néfastes et peuvent endommager irrémédiablement vos arbres.
Les Ilex cultivés en pot ont besoin d’une protection racinaire alors que cultivés en pleine terre ils supporteront des températures minimales de l’ordre de moins 10 à moins 20 degrés selon les variétés. Protéger des rongeurs et des oiseaux, les baies qui constituent une nourriture appréciée l’hiver.






